LIl fut un moment l’an passé où je me sentais vraiment mal; j’étais constamment troublée par l’insécurité et l’anxiété. (Vous vous apercevrez rapidement que ceux-ci sont mes deux ennemis les mieux connus; j’en suis une experte, croyez-moi!) J’étais insatisfaite de moi-même pour plusieurs raisons (qui ne sont pas importantes ici) et je n’arrivais pas à voir autre chose que ce trou noir où tout ce qui existait était Moi et Mes problèmes.

Un jour, j’en ai eu assez, et je me suis créé une règle : chaque jour, je trouverais quelque chose de bien à faire pour quelqu’un, ou un cadeau à offrir.

J’en avais assez d’être angoissée, de toujours me préoccuper de moi-même, de toujours me sentir mal. Tous mes problèmes, que je pouvais voir, provenaient de mon égocentrisme. Je voulais, à la place, penser aux autres. Plutôt que de m’occuper à penser à tous mes problèmes et mes malaises, penser à ce que je pourrais faire pour aider les autres.

Quelle différence extraordinaire dans ma vie quand j’ai commencé à suivre cette règle! La générosité est quelque chose de puissant, et comme je l’ai sûrement déjà mentionné, c’est bien souvent le donneur qui en bénéficie plus que le receveur.

Voici ce que j’ai remarqué en rapport avec la générosité :

Lorsque je fais quelque chose par générosité plutôt que par obligation, je n’ai jamais à combattre le moindre soupçon de paresse, de mécontentement ou d’irritation. Un acte de générosité ne peut pas être une tâche ou un travail. Une tâche et un acte de générosité sont comme de l’eau et l’huile; ils ne se mélangent pas. Quand je fais un acte de générosité, la tâche se transforme en joie, simplement.

Quand je pose une action avec générosité, la qualité de celle-ci est différente de celle qui est faite par obligation. Quand je fais quelque chose parce que ¨ça doit être fait¨, ou parce que je me sens obligée de le faire, souvent je ne porte pas la même attention à cette action. J’effectue la tâche, mais je suis portée à juste vouloir la terminer. Quand je pose une action avec générosité, que j’offre, je veux que chaque détail soit bien effectué; je ne suis jamais tentée de couper les coins ronds ou de compromettre la qualité de ce que je fais pour que ce soit terminé plus vite.

Il est étonnamment rare et difficile de poser un acte de pure générosité. J’ai toujours pensé être une personne généreuse, mais ici j’ai réalisé que la plupart de mes actes de générosité durant ma vie n’étaient pas pures, ils étaient sournoisement altérés d’égoïsme. J’ai toujours été généreuse avec ma famille, par exemple, mais dans ce cas je donnais à quelqu’un que je considérais « à moi, les miens, une extension de moi ». S’ils sont blessés, je suis blessée. S’ils apprécient, j’apprécie aussi. J’ai aussi donné à d’autres auxquels j’étais moins attachée, mais à ceux-là j’ai donné moins. La générosité pure est de donner en n’attendant réellement rien en retour, seulement avec la joie de donner.

La vraie générosité veut aussi dire que je ne me préoccupe pas de ce que les receveurs pensent de mon effort envers eux. Je fais de mon mieux, s’ils ne veulent pas ou n’apprécient pas le repas que j’ai préparé, je n’en suis pas blessée. Un acte de générosité pure n’a pas d’attaches, le résultat n’importe pas. Je ne le fais pas pour être remerciée ou félicitée; ce ne serait plus un cadeau, ce serait un échange, du troc contre ce que je veux.

Si je m’attends à quelque chose en retour de la personne à qui je donne, même si ce n’est que leur appréciation, ce n’est pas pur; il y a altération. Non pas que l’action est mauvaise; elle est bonne, supérieure à ne rien donner.

De plusieurs façons, la générosité et la considération l’un pour l’autre sont tissées dans notre communauté. C’est facilement remarquable sur l’heure du repas; quand celui qui s’apprête à se servir une deuxième portion va l’offrir aux autres d’abord, même lorsqu’on veut se servir de l’eau ou du thé, on l’offrira aussi la plupart du temps aux autres d’abord.

Lorsqu’on a de la nourriture qui est spéciale, ou en quantité limitée, il va sans dire que nous gardons des portions de côté pour les absents ou ceux qui sont en retard, de sorte que tous aient la chance d’y goûter. Nous tentons de penser aux autres, de s’aider l’un l’autre du mieux que l’on peut et de partager ce que nous avons.

C’est maintenant rendu tellement normal pour moi, que j’oublie que beaucoup de personnes, peut-être la plupart des personnes, n’ont pas ces habitudes. Je suis toujours surprise quand je vois que beaucoup de volontaires qui viennent habiter avec nous ne sont pas comme nous, et vont la plupart du temps se servir sans penser aux autres.

Je réalise comment il est merveilleux de vivre dans une communauté formée de personnes qui s’entraident et se considèrent l’une l’autre; quel bonheur d’en faire partie. Le point où je veux en venir n’est pas qu’il est bien d’avoir ces gens autour de moi – même si c’est extraordinaire – mais que la générosité est excellente pour celui qui la pratique.

Ajouter seulement un acte de générosité à chacune de mes journées fut l’un des meilleurs remèdes à mon malaise. Plus tard, j’ai commencé à essayer de transformer chacune de mes tâches en un acte de générosité pour quelqu’un; même si c’était juste une « tâche ». Je réfléchissais à qui allait en bénéficier, et une façon dont cette action, plutôt que d’être un travail, pourrait être un cadeau. Je voulais (et je veux encore) que le travail principal de ma vie consiste à offrir des cadeaux à des bonnes personnes.

Je recommande la générosité, plus que tout autre remède, pour toutes formes d’anxiété et de dépression.

Je recommande que vous l’essayiez.